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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 08:14

 

 

La crise financière est finie, alléluia !! Les plans de relances et de sauvetages successifs ont permis d’enrayer la gangrène financière. Notre industrie financière semble repartie vers des jours meilleurs, mais je ne dirai pas pour autant sur des bonnes rails. Après avoir sauver de la faillite notre système, à coup d’endettement public, nous sommes parvenus à rétablir un semblant de confiance sur les marchés. Pour combien de temps ? Jusqu’à la prochaine crise spéculative…

Bien que des mesures restrictives soient sur le point de voir le jour, nous ne pouvons que douter de leur efficacité, tant l’esprit libéral et libertaire reste ancré dans les mentalités de nos financiers.

On peut se réjouir de voir les marchés repartir à la hausse depuis mars, mais cette euphorie va-t-elle durer ? Est-elle simplement justifiée ? Les marchés manquent cruellement de contrôle et d’encadrement et tant que des instances indépendantes ne seront pas mises en place, nous ne pourrons éviter les dérives que nous venons de connaître. (voir mes notes précédentes)

 

La crise est-elle finie pour autant ? Certes non ! Nous avons tout simplement reporté la crise des établissements financiers vers les Etats et par conséquence vers les contribuables. Nous avons lamentablement endetté les citoyens au point de devoir transmettre aux générations futures une dette colossale. Les états les plus inventifs iront jusqu’à proposer un appel à l’épargne public en laissant un grand emprunt, agrandissant un peu plus le déficit et la dette abyssale. En règle générale, on  ne fait appel à l’épargne public que lorsque la dette souveraine ne peut être absorbée par les marchés. En clair, quand les marchés ne font plus confiance au pays émetteur. C’est un choix de dernier recours et non un choix électoral ou politique. A moins que cette proposition ne serve à « acheter » ou « rémunérer » de futures voix en vue d’une élection future.

 

Donc nous avons la chance d’avoir sauvé notre système financier. Nos institutions vont mieux, elles vont pouvoir refaire des bénéfices et spéculer aveuglément comme avant. De toute façon, nous venons de leur donner un blanc sein, puisque nous avons singé un chèque en blanc. Avait-on le choix ? Pas vraiment, car si le système financier s’écroulait, nous aurions assisté à la faillite du Monde… Avec cette triste perspective de nous aurions immédiatement basculés vers un conflit de grand ampleur. Il fait donc bon d’être financier… Car même si on ne peut plus s’enrichir sur les marchés, on menace de faillite et hop… Le gentil contribuable nous verse de l’argent avec la complicité de l’Etat. Ce même contribuable qui se sera fait « tondre » auparavant par ces mêmes financiers… N’est-ce pas Monsieur Maddof ?

 

Notre chère crise financière est donc finie. Cependant, nous allons maintenant assister à une crise sociale. Sous prétexte de crise, les entreprises licencient massivement et les états peinent à faire face aux demandes d’allocations chômage. Forcément, les caisses sont vides. A cause de la crise des financiers. Nous allons donc assister à des drames humains, de faillites personnelles, mais là, tout le monde s’en moque, le système n’est pas en péril. Sauf que, notre croissance est issue essentiellement de la consommation des ménages, or ceux-ci consomment considérablement moins, par peur du lendemain, du fait de la hausse outrageuse des prix, du fait du coup de frein sur le crédit… Du fait de l’Avenir… Nous rentrons dans un cercle « vertueux » de dépression économique. En négligeant les ménages, nous précipitons la crise sociale, la guerre civile, les guerres intercommunautaires, un conflit majeur.

Comment vont faire les entreprises pour écouler leur stocks si personnes ne consomment ? Elles vont baisser les prix, faire du dumping social… Bonne nouvelle, les prix vont baisser. Oui mais, ne serait-ce pas de la déflation ? N’est-ce pas plus dangereux que l’inflation ? On nous dit que non, il n’y a pas de déflation tant que les salaires ne sont pas touchés. Oui mais voilà, maintenant nos chers salariés commencent à avoir le  choix entre ne plus avoir de salaire ou baisser son salaire en travaillant plus pour gagner moins. Moi j’appelle cela de la déflation. Je reste optimiste, car nous allons pouvoir bénéficier de l’expérience japonaise. Certes, ils n’ont toujours pas trouver de solutions, mais ils connaissent déjà. Peut-être qu’à plusieurs on va trouver !…

 

On pourrait alors imaginer un plan de relance de la consommation ? Non, les caisses sont vides. Les financiers ont tout pris. En plus, on ne va pas augmenter les impôts. Alors ça, je le mets tout de suite sur mon agenda pour bien m’en rappeler lorsque je ferai ma déclaration fiscale dans les années à venir. Ceci dit, mon IRPP n’augmentera peut-être pas, mais je me demande quand même combien va me coûter la nouvelle taxe carbone de 2010. Après tout ce n’est peut-être pas un impôt… C’est juste une taxe… Et puis c’est vrai que les niches fiscales n’ont pas été plafonnées… C’est vrai que malgré la baisse des prix des matières premières, les prix n’ont pas chuté dans les mêmes proportions, surtout l’essence… Je reste toujours surpris de voir les envolés du prix des carburants et la peine qu’ils ont à baisser quand le baril baisse. J’ai demandé à mon patron d’indexer mon salaire sur le prix du super 95, mais il ne veut pas… Je reste sur l’indice INSEE. Maintenant que nous sommes en déflation, je comprends que mon salaire n’est pas prêt d’augmenter et je me demande même s’il ne va pas baisser. Comme la TVA des restaurateurs, quelle bonne nouvelle de pouvoir manger dans mon quartier d’affaire parisien autre chose qu’un sandwich à un prix raisonnable. Une baisse de près de 15% de la TVA répercuter sur mon repas… Là encore, c’est étrange, mais les brasseries de mon quartier n’ont toujours pas répercuté cette baisse. En revanche, le patron vient de changer sa Mercedes et de refaire sa devanture…

 

Si je me résume un peu… Si je veux peut-être garder mon job, je dois baisser mon salaire en signe de solidarité avec les actionnaires, qui m’ont plombé mes stock-options. Mes impôts ne vont pas augmenter mais j’aurai de nouvelles taxes à payer. D’ailleurs quand je fais le plein de super 95, je paie quasiment le même prix qu’au moment où le baril était à 150 dollars, alors qu’il est deux fois moins cher, surtout chez ceux chez qui on ne va pas par hasard. Je vais travailler jusqu’à 70 ans, pour payer la retraite de ceux qui nous ont pourri le système et la planète… Là encore mes impôts n’augmentent pas mais je cotise plus longtemps pour moins. Ma maison vaut moitié moins qu’il y a deux ans, mais si je ne vends pas je ne perds pas. Tiens ça me rappelle mes Natixis. Si je suis malade, je suis moins bien rembourser car je dois être solidaire avec ceux qui nous ont pourri le système et la planète… On va me demander de prendre de l’emprunt d’Etat pour financer la réélection d’un mec pour qui je ne voterai jamais. Mais bon, nous avons sauvé le système financier !

 

Soyons clairs, l’économie ne repartira pas, même en 2010, ni 2011 quoiqu’en dise Madame Lagarde, toujours là malgré le remaniement… J’ai eu un espoir… Hélas… Nous allons donc vivre une crise sociale, peut-être pas immédiatement à la rentrée, car il faut que les entreprises finissent de dégraisser leur personnel pour engraisser les actionnaires. Fort heureusement en France, il nous reste encore une protection sociale, nous avons des allocations chômages, mais avec plus de 10% de chômeurs, sans compter ceux que l’on a exclut, combien de temps allons-nous pouvoir les indemniser ? Qu’en bien même, les allocations ne sont versées que pendant 23 mois dans le meilleur des cas. L’emploi aura-t-il repris d’ici là ? Malheureusement non. Si l’on considère que les premiers licenciements massifs ont eu lieu depuis septembre 2008, nous devrions avoir un début de crise sociale majeure fin 2010 début 2011. Nous serons proche d’élections importantes, nous aurons donc des annonces démagogiques et des promesses non tenues. Nous creuserons un peu plus les déficits et contribuerons à la faillite de notre système, pour l’ego d’un groupe de profiteurs.

 

Je me réjouis de penser que nous avons su, nous le G20, nous coordonner pour sauver notre système financier. Jamais nous avions eu autant de cohésion, autant d’actions simultanées, autant de milliards injectés et engloutis. Cependant, malgré ce front face à la crise, aucune action d’ampleur ne s’est faite dans le même sens, chacun a tenté de préserver ses intérêts. Les mesures globales sont donc devenues des « mesurettes » locales. Nous avons mis un pansement compressif sur une hémorragie. Pour le moment ça tient, mais dès que nous relâcherons la pression, nous risquons l’embolie.

Certes il fallait sauver le soldat financier, mais il fallait aussi et surtout sauver le soldat consommateur, ce que tout le monde a oublié. Nous venons donc de signer pour une crise longue, grave et coûteuse, avec ses pertes collatérales : la dignité humaine.

 

Vous comprendrez donc, que je ne suis toujours pas favorable à un retour sur les marchés dans son ensemble, sauf sur les valeurs financières et les valeurs « vertes » qui sont notre prochaine bulle spéculative.

 

 

                                                                           JC LESSOUS le 26/06/09.

Par jclessous
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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 13:03

PERSPECTIVES 2009

 

 

Quoi de neuf pour 2009 ? Je me suis longtemps posé la question… J’aurai tendance à dire « rien de spécial ». Malheureusement, tout ce que j’avais imaginé comme pire scénario se réalise, bien malgré moi. Pour une fois, j’aurai bien aimé me tromper. Alors 2009, pire que 2008 ? Sûrement, probablement, inévitablement… Tentons de voir ce qu’il pourrait se passer durant cette année. Je sais, certains de mes détracteurs diront que j’ai une chance sur deux. Alors, je saisis ma chance.

 

2009 démarre sous de bien mauvais hospices, malgré l’élection tant attendue de Barack Obama. Ce cher président considéré comme un Messie, n’aura vraiment pas une tâche facile. Son prédécesseur a réussi à flinguer l’économie et globalement tout ce qu’il a pu entreprendre. Un piètre bilan, transmettant un pays dévasté par 8 ans d’inaptitude totale. On peut s’interroger sur les marges de manœuvres existantes, sur la mise en place des plans de relance. On envisage même un plan de sauvetage des banques (plan Paulson 2) de 1.000 Mds USD. Les USA vont donc creuser un peu plus leurs déficits, déjà abyssaux. Doit-on s’inquiéter ? Probablement. On peut creuser des déficits momentanément, si la relance se précise, il suffira d’augmenter les impôts pour résorber la dette. C’est une situation déjà connue, puisque Reagan avait endetté les USA à hauteur de 10% du PIB, pour revenir à l’équilibre quelques années plus tard. Cependant, à cette époque les taux des Fed Funds permettaient d’écouler la dette. Aujourd’hui, le contexte est légèrement différent. Les taux sont très bas, proches de zéro et la crise est mondiale. Tous les acheteurs potentiels de dette américaine doivent faire face au financement de leur propre dette et de leur propre économie. Pensez-vous que la Chine, par exemple, va hésiter longtemps entre financer la dette américaine ou investir dans sa propre relance ? Si nous nous tournons vers le Japon, la réponse semble encore plus limpide. La situation de l’archipel est catastrophique, la croissance subit un violent coup de frein, les 15 ans de déflation ont porté la dette à 160% du PIB, les taux sont à zéro et l’industrie commence à compter ses victimes. Les nippons qui commençaient à entrevoir une sortie de crise, grâce à leurs voisins asiatiques, vont maintenant subir les dommages collatéraux de l’entrée en récession, ou tout du moins, le ralentissement de ses mêmes voisins.

 

Donc, revenons à nos amis américains. La dette va donc exploser, mais va-t-elle trouver une contre partie ? Va-t-elle trouver preneur ? Sûrement, car le dollar demeure la monnaie de référence, mais à quel taux ? Combien de temps les Etats-Unis vont-ils tenir à ce rythme là ? Quand on fait un rapide bilan, le mois de décembre 2008 aura vu le nombre de chômeurs augmenter de 600.000. Après octobre et novembre où près de 1.500.000 personnes étaient venues grossir les rangs des demandeurs d’emplois. Ce n’est pas les multiples plans sociaux en cours ou à venir qui vont améliorer les choses. On savait l’industrie US sinistrée, à l’image des Big Three, mais maintenant, la tempête se propage à la technologie, jusqu’ici moteur de la création d’emploi. Que penser des annonces de Google, Yahoo ou encore Microsoft ? Ah, j’oubliai AT&T, Spring… Dois-je parler du secteur financier? Non, on va arrêter de se faire mal.

 

Une chose est sure. Les chômeurs consomment moins que les actifs. Ce n’est donc pas la consommation des ménages qui va relancer immédiatement la croissance. Il ne reste que l’Etat. Nous allons donc avoir un nouveau plan Roosevelt. Espérons que la mise en place soit rapide et efficace. Malgré tout, je reste toujours surpris par les capacités de rebond du peuple américain. Mais là, j’avoue que j’ai des doutes.

 

Pour 2009, notre ami Obama va donc mettre en place un plan de relance et dans le meilleur des cas, les premières retombées ne se feront pas avant début 2010, si ça marche. J’ai envie de lui donner un nom d’opération militaire « restore hope ». Quoiqu’il en soit, les investissements publics seront supportés par les contribuables, même si c’est reporté dans le temps. Ils viennent de signer un contrat de prêt sur quelques générations. Mais bon, ils ont l’habitude, les USA sont quand même le pays où l’endettement est légion.

 

Tournons-nous vers la Chine. Ce pays qui suscitait tant d’espoir. Le relai de croissance. L’Eldorado. Oui mais voilà, le pays est aussi en proie aux inquiétudes économiques. Certes, la croissance restera positive pour 2009, mais bien moins élevée qu’attendue. Est-ce grave ? Oui. C’est quand même surprenant de voir le premier ministre chinois venir jouer les VRP en Europe, alors que jusqu’ici, il ne daignait pas se déplacer dans le vieux Monde. Quelles sont les conséquences d’une baisse de régime ? Il faut savoir que la Chine a bati son budget et son développement sur une croissance de 10% par an. Un retour autour de 6 à 8%, prévision crédible pour 2009, mettrait le pays dans une situation inconfortable. On commencera par le volet social. Il est difficile d’estimer justement le chômage, ou plutôt l’augmentation du chômage, tant les statistiques sont fantaisistes. De plus, une partie des travailleurs ne sont pas recensés. Il suffit d’aller voir à la périphérie des grandes villes pour en prendre conscience. Les JO ont boosté artificiellement la croissance et l’emploi, mais le retour sur investissement ne s’est pas fait. Aujourd’hui, nombre de travailleurs précaires se retrouvent loin de chez eux, dans des bidonvilles, sans emploi. Après l’exode rural, il est fort à parier que nous allons assister à l’exode urbain. Le retour aux sources. Les promesses d’une vie meilleure s’effritent jour après jour. Là, le gouvernement va devoir faire face à des tensions sociales. Notons également que 2009 est le 20ème anniversaire des évènements de Tien An Men. Comment va réagir le gouvernement ? Par la répression ? Pour moi, c’est la plus grosse inconnue et le plus grand danger.

 

Au niveau économique, les investisseurs étrangers ont compris que la Chine ne tenait pas ses promesses. Les délocalisations et les IDE connaissent aussi un coup de frein. D’une part, le retour sur investissement n’est pas aussi important que prévu, d’autre part, la qualité de ce qui est produit en Chine est médiocre, voir désastreuse. A force de vouloir serrer les coûts au détriment de la qualité, nombre de production chinoise retourne à l’envoyeur. J’aimerai prendre un exemple. J’ai acheté récemment un téléphone produit en Chine. Sur le papier, l’objet semblait intéressant et performant. Lorsque je l’ai reçu, je fus bien déçu. Certes, je pouvais mettre 2 cartes Sim dedans pour éviter de me balader avec 2 portables, mais rien n’était compatible. L’OS n’est pas évolutif, pas stable, et la qualité de fabrication m’a fait de la peine. Le plastique est digne d’un emballage de jouet Mc Do, les câbles m’ont rappelé une installation électrique du début du siècle. Je ne parlerai pas des couleurs affichées à l’écran, du son, des photos… Bref, c’est de la Merde. Pour 100 USD, je ne devais pas m’attendre à beaucoup mieux. J’ai donc repris mes Iphones et mon enfant de 3 ans est très heureuse d’avoir un téléphone pour faire comme papa. Mon cas n’est malheureusement pas isolé, il suffit de faire un tour sur les forums internet pour mesurer l’étendue de l’escroquerie. Je ne parlerai pas du lait frelaté, ni même des voitures tueuses ou encore des jouets Mattel. 

Les consommateurs ont compris que les produits chinois étaient certes bon marché, mais ne présentaient aucune garantie de qualité. Il vaut mieux payer plus cher et avoir un truc qui marche et longtemps, que d'être obligé d’acheter tous les 3 mois un truc de merde. Il vaut même mieux s’abstenir. Ce que font les consommateurs occidentaux, et ils ont raison.

Je discutais avec un ami, qui travaille avec la Chine pour sa boîte et qui me disait qu’il était obligé de contrôler toutes les marchandises envoyées et qu’une fois sur deux il renvoyait la production, pour non-conformité. Un coup c’est la couleur qui n’est pas conforme au cahier des charges, un coup c’est l’assemblage qui n’est pas au standard de qualité, un coup ce sont les matériaux utilisés qui ne sont aux normes… Il me confiait qu’il envisageait sérieusement de changer de fournisseur, tant il perdait du temps et de l’argent. Coût et temps de transport.

 

La Chine va donc avoir plus de mal à nous fourguer sa production pourrie. Surtout en temps de crise, on regarde plus à la dépense et quitte à acheter, autant que ça dure.

Les conséquences ne se font pas attendre, car nous voyons des entreprises chinoises, jusqu’ici prospères, fermer leurs portes.

 

Comme dans tous les pays, la Chine est touchée par la crise et je pense qu’elle le sera plus que les autres, car la spéculation est un sport national, la bourse s’est effondrée, tout comme l’immobilier donne des signes de fatigue. Les étrangers conscients de la réalité chinoise, vont commencer à plier bagage, laissant l’empire du milieu en proie à ses maux sociaux. Bien entendu cela ne manquera pas d’infecter les pays voisins, dépendants directement et indirectement de l’économie du géant asiatique.

Le risque serait que les chinois, pour faire face à cette crise se mettent à revendre la dette américaine. Pauvre Barack…

 

Prenons la destination de l’Europe. Nous ne sommes guère mieux. C’est vrai, nous avons des plans de relance. Je dois dire que je trouve les plans audacieux et je me réjouis des mesures prises. Je trouve que les concepteurs ne manquent pas d’audace et d’imagination. Cependant, soyons réalistes deux minutes. Même si ces plans sont, dans leur nature, bons, ils sont inappropriés. Ou plutôt, ils interviennent au mauvais moment. Trop tard ou trop tôt. Avant d’injecter des fonds massivement dans l’économie, il aurait déjà fallu restaurer la confiance. Là nous allons verser des fonds dans une passoire. A quoi bon mettre un pansement sur une plaie béante ? Nous avons injecté quelques centaines de milliards dans le système bancaire, mais celui-ci n’est pas guéri pour autant, puisque tous les jours nous comptons les nouvelles victimes. Les dépréciations d’actifs continuent, et les pertes s’accentuent. Parlez-en avec UBS ou IKB.

Les fonds ont tout simplement été mal investis. Les banques ne financent plus l’économie réelle. Pour s’en convaincre, il suffit de discuter avec les chefs d’entreprises pour entendre leur peine à faire financer leur cycle d’exploitation. Pourquoi l’Etat n’a pas mis en place un fond de financement au service des entreprises, plutôt que de financer et garantir les dettes des banquiers irresponsables et avides ? Je ne les mettrai pas tous dans le même panier, certains ont gardé la tête froide et géré en bon père de famille leur établissement.

 

Vous me direz que l’Etat a créé un tel fond. Oui, mais compte tenu des montants en jeu, on est loin du compte, et je ne suis pas sûr que mon pote artisan puisse faire appel au fond de l’Etat pour financer son exploitation, même s’il emploie 10 personnes. Comme son banquier ne le fera pas non plus, il va vendre sa maison pour sauver sa boîte. Enfin, il va mettre sa maison en vente. Peut-être que dans 5 ans, il pourra la vendre 50% du prix demandé, s’il trouve un acheteur qui paie cash, car tous les autres prétendants se seront vu refuser leurs prêts. En attendant, mon pote artisan aura du licencier ses salariés et peut-être même fermer sa petite entreprise qui connait la crise. Il faut avouer que mon pote artisan n’est pas dans les sphères du pouvoir. Il n’a pas prêté son zodiac au président pour les vacances.

 

Ces plans de relances sont donc inappropriés. Mais grâce à eux, nous allons avoir la chance de transmettre une dette colossale à nos enfants. Je suis rassuré, car je craignais de rien pouvoir transmettre à mes enfants… Le risque futur est simple. Et je voudrai avoir une minute de silence pour Gordon Brown, ou plutôt pour l’Angleterre. Franchement, c’est moche, je trouve Brown intelligent et brillant. Mais je crains que sous peu l’Angleterre connaisse la mésaventure de l’Islande. Bon l’Islande, tout le monde s’en fout, 300.000 personnes sur une île où on se les gèle et sans pétrole, ça n’intéresse personne. Il n’en demeure pas moins que j’ai une compassion infinie pour les Islandais.

 

Soyons clairs, dans combien de temps l’Angleterre va être en faillite ? Je ne me pose plus la question si elle va être en faillite, je me demande simplement quand ? Il n’y a plus d’industrie, l’agriculture produit des vaches folles, le secteur public, grâce à Margaret a été liquidé, jusqu’à privatiser la Reine… Bon c’est vrai, il reste la City… Enfin, avant… Le laboratoire du libéralisme et de la financiarisation à grande échelle compte ses jours. Ce ne sera pas sans conséquence sur le reste du Monde et sur l’Europe. J’ai dans l’idée que malgré les réticences exacerbées du peuple local, la livre sterling va finir ses jours en Euro. On ne va pas avoir trop le choix. Ou regarder un pays ami couler comme le Titanic ou envoyer une bouée de sauvetage sponsorisée par la BCE.

On pourrait dire que j’exagère, c’est vrai peut-être un peu, mais quand on sait que l’Allemagne n’a pas trouvé preneur pour un quart de sa dernière émission obligataire, il y a trois semaines. L’Allemagne, première économie de la zone Euro ! Avec une vraie économie ! Que l’Espagne et l’Italie ont été dégradées par les agences de notations ! Oui je sais les agences de notations… Mais tout de même.

 

Ce qui m’inquiète le plus, c’est ce Risque là ! Que va-t-il se passer si un grand pays fait faillite ? Ou si plusieurs pays font faillite ? Pauvre DSK, il va avoir du boulot.

 

En résumé, l’économie mondiale en 2009 va plonger dans le rouge, les déficits exploser, et certains pays risquent de se déclarer en cessation de paiement. Nous ne pouvons pas écarter un risque de déflation. Certes, il n’y a pas de pression baissière sur les salaires, ou pas encore. Le nombre de chômeurs augmentant, et le nombre d’emplois baissant, vous croyez vraiment que les employeurs ne vont pas baisser les salaires, s’ils ont l’embarras du choix devant la porte ? Le deal sera simple, si tu veux garder ton job, il va falloir faire des économies, et les économies ont va les faire sur ton salaire. Sinon, je vais devoir licencier tout le monde. Ca ne vous rappelle rien ? La déflation va donc trouver sa place gentiment. Ce qui est moche, ce que l’on a déjà baissé les taux, sans résultats jusqu’ici. Soyons positifs, nous pourrons demander conseils aux japonais, ça fait 15 ans qu’ils s’entrainent sur le thème de la déflation. Nous pourrons bénéficier de leurs avancés, nous gagnerons 15 ans de recherches infructueuses.

 

Les marchés actions ? En baisse, comment voulez-vous que ça monte avec ça ?

L’immobilier ? « Tant que vous ne vendez pas, vous ne perdez pas… » Peut-être qu’en mettant votre bien tout de suite en adjudication vous aurez une chance de le vendre, avant que les salles de vente ne soient débordées.

 

J’espère sincèrement me tromper, et dans cette perspective, je n’ai qu’un conseil. Wait and See, In God we Trust.

 

 

JC LESSOUS

Le 30 janvier 2009.

 

Vous trouverez mes articles précedents sur : www.lessous.fr


 

 

Par jclessous
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